Afrique du Sud: le président des jeunes de l’ANC défie Zuma
Afrique du Sud
JOHANNESBURG Le président des jeunes de l’ANC, Julius Malema, a ouvertement défié le président Jacob Zuma samedi, en menaçant de camper sous ses fenêtres dans le cadre de sa guerre contre la minorité blanche qui domine encore l’économie sud-africaine.
C’est la guerre, et nous devons combattre en avançant. Il y aura des victimes, mais je sais que nous vaincrons, a-t-il lancé à l’occasion du 67e anniversaire de la Ligue de jeunesse du Congrès national africain (ANC). Il doit comparaitre de nouveau dimanche devant une commission de discipline du parti, qui pourrait l’exclure pour insubordination.
Le 27 octobre, le jour de l’anniversaire d’Or Tambo (une figure historique de l’ANC, ndlr), nous marcherons sur la Bourse de Johannesburg et nous porterons la bataille contre le capital monopolistique, a-t-il annoncé devant un millier de partisans réunis dans un bidonville de la périphérie de Johannesburg.
Puis nous irons aux Union Buildings (le siège du gouvernement à Pretoria, ndlr) et nous dormirons dehors jusqu’à ce que nos exigences en matière d’emplois soient satisfaites, a-il ajouté, selon l’agence Sapa.
Si nous ne le faisons pas maintenant, ceux qui sont sans emploi le resteront toujours, a-t-il martelé, lançant une nouvelle fois, à propos des fermiers blancs qui contrôlent toujours la grande majorité des terres arables du pays: Ils ont volé notre terre. Ils sont des criminels et doivent être traités comme tels. Nous voulons récupérer notre terre, et nous la voulons pour rien.
Julius Malema, âgé de 30 ans, a refusé de s’excuser pour ses prises de position radicales contraires à la ligne du parti au pouvoir, ses demandes de nationalisation des mines et des banques ou ses appels au renversement du président botswanais Ian Khama, pour lesquels il comparaît devant la commission de discipline de l’ANC en compagnie de ses principaux lieutenants.
Accusé d’avoir porté atteinte à la réputation de l’ANC et d’avoir semé les germes de la division dans ses rangs, Julius Malema sera exclu du parti s’il est reconnu coupable, après avoir déjà été condamné l’an dernier pour des critiques du président Jacob Zuma, 69 ans.
Il a relevé que l’ANC restait bien le seul espoir des Sud-Africains, mais que son action était entravée par des hypocrites: L’ANC ne peut pas se tromper, mais certaines personnes à l’intérieur de l’ANC le peuvent.
Les premiers jours de son audition, fin août, ont été marqués par des incidents où des militants de la ligue de jeunesse ont brûlé des drapeaux de l’ANC et des tee-shirts à l’effigie du président Zuma. Des échauffourées ont éclaté avec la police.
Pour calmer le jeu, l’ANC a interrompu les audiences pendant dix jours, et a annoncé qu’elles reprendraient ailleurs qu’au siège du parti, pour éviter de nouvelles perturbations dans le centre de Johannesburg.























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