Génocide: un Rwandais condamné à 21 ans de prison en Norvège

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OSLO - La justice norvégienne a condamné jeudi un Rwandais à 21 ans de prison, la peine maximale, pour son rôle dans des attaques bestiales lors du génocide qui a ensanglanté son pays d’origine en 1994.

Etabli en Norvège depuis une dizaine d’années, Sadi Bugingo, un Hutu de 47 ans, a été reconnu coupable d’avoir contribué au massacre de plus d’un millier de Tutsi lors de trois attaques différentes.

Les meurtres étaient minutieusement planifiés et l’accusé a indubitablement agi avec préméditation, ont estimé les trois juges du tribunal d’Oslo.

Il veillait à ce que le massacre des réfugiés (tutsi) soit perpétré conformément à ce qui avait été prévu, ont-ils ajouté, s’appuyant sur de nombreux témoignages.

Le verdict est conforme aux réquisitions du parquet.

Les faits incriminés remontent à avril 1994 et portent sur le massacre de Tutsi qui avaient trouvé refuge dans un bâtiment municipal, dans l’enceinte d’une église catholique et dans un hôpital.

La Cour a retenu des circonstances aggravantes dans la mesure où ces attaques s’inscrivaient dans le cadre d’un génocide et parce qu’elles ont été réalisées d’une manière bestiale à l’aide de machettes, de bâtons et de massues, et qu’elles ont parfois été suivies de profanation des corps.

Aucun des témoins appelés à la barre n’a toutefois accusé Bugingo d’avoir lui-même commis des homicides.

Mais, selon le tribunal, outre son rôle de supervision sur le lieu des massacres, le riche homme d’affaires a aussi profité du génocide pour s’enrichir.

Travaillant comme agent d’entretien depuis son arrivée en Norvège, Bugingo a pour sa part clamé son innocence lors de son procès, le premier jamais organisé dans le pays scandinave pour des actes de génocide.

Son avocat avait plaidé l’acquittement et a interjeté appel dès le verdict connu.

Selon l’accusé, qui soutient qu’il n’était pas présent lors des massacres, les témoignages à charge ont été inventés de toutes pièces. Lui-même marié à une Tutsi, il dit avoir sauvé la vie de nombreux membres de cette ethnie pendant le génocide.

Le tribunal a fait valoir qu’il n’était pas inhabituel que ceux qui participaient au génocide aient aussi entretenu des liens familiaux et d’amitié avec des Tutsi, et qu’ils aient tiré parti de leur position pendant le génocide pour les protéger.

Déclenché après l’assassinat le 6 avril 1994 du président rwandais, le Hutu Juvénal Habyarimana, le génocide rwandais a fait 800.000 morts en trois mois selon l’ONU, essentiellement au sein de la communauté tutsi.

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